Self portrait.

Self portrait.
( Uh uhhh )
Them hustlas keep on talkin'
( Uh uhhh )
The' like the way I'm walkin'
( Uh uhhh )
You sayin' that you want J ?
So press record and let you film me


Beyonce's.Video.Phone.
Photo By Charlène la Reine des Baleines.

# Posté le vendredi 08 mai 2009 12:11

Modifié le samedi 16 mai 2009 05:16

LES AMANTS DU PARADOU

poème en prose, d'après un roman de Zola.

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Le soleil inonde les prairies, les vergers, les parterres de fleurs, et la face miroitante des rus. Sous la caresse chaleureuse de ses rayons, les fleurs d'orangers, ces angelots laiteux, exhalent discrètement leurs fluides effluves, visions parfumées du Shalimar indien. Cette haleine sucrée susurre ses sciures flavescentes aux oreilles des saules. Ailleurs, la bise bâille ; elle pantèle, elle halète, et ses flûtes font valser les sveltes joncs, dérobent aux noyers leurs coques cervelées, plissent le front des étangs dont les rides, rondes et ondulantes, réfléchissent l'éclat du jour. Elles font danser des lumières informes sur les plafonds feuillus de la forêt, comme le clair de terre révèle, le soir venu, les plaines argentées et rocailleuses de la lune. A ce ballet de lumières, s'ajoute le concerto des serins, dont les sopranes récitatifs se mêlent au clapotis des ruisseaux. Voyez comme se transforme le Paradou, chaos de ronces et de roseraies, en berceau de branches et de fleurs . Le berceau végétal d'un amour naissant.

Car deux enfants s'aiment, dans l'alcôve d'une clairière. Imaginez que la futaie touffue dérobe jalousement leurs chairs aux regards flâneurs des nuages. Les troncs graciles des boulots surplombent leurs corps alanguis en une voûte gothique ; et les saules pleureurs -qui, pour une fois, sourient- cernent le lit de roses de leur chevelure vaporeuse. Derrière la gaze des branches souples, sous l'épaisseur couetteuse des lierres, dans la clarté de l'astre pérenne, au milieu des glaives sanglants des glaïeuls, ils s'aiment. Regardez-les, comme ils savourent le miel de leurs baisers ! Écoutez leurs souffles, comme ils désirent ! Sentez, comme ils ont tout oublié ! Oubliés, les pleurs des mendiants ; oubliés, les relents méphitiques de la rue ; oubliés, le visage du Diable et la peur de l'Hadès ; oublié, le clic mécanique des horloges ; oubliés les peurs ; oublié, l'autel ; oubliée la honte ; oubliés ! oubliés ! Plaisirs éthérés. Délices intemporels. Secrète pâmoison.

Les pétales immaculés des roses boivent avidement leur sueur magnifique, produit des mouvements de leurs corps autrefois si pudiques, devenus compatibles par la réciprocité du désir. Tout autour d'eux leur crie "Aimez-vous !" : les abeilles, les cris des oiseaux, les frémissements de l'herbe, les lumières du jour, les ombres branlantes, les mouvements des nuages, les parfums capiteux des roses ; tout, jusqu'aux moindres poussières. Et ils obéissent ! De ses lèvres brûlantes, Serge émiette de petits baisers sur les seins blancs d'Albine, semblant y lire une autre Bible. Elle griffe son échine, mord ses lobes, dévore son regard. De son âme, il est le capteur ; de son c½ur, elle est la divinité. Leurs génomes se confondent et leurs deux corps, entremêlés, s'anamorphosent. Il sent la fraîcheur de son haleine, qui court le long de son cou, pour mourir sur les vaux imberbes de son buste. Elle gémit comme une enfant, les yeux embués de larmes. Il l'embrasse et s'embrase. Elle agrippe une racine de ses doigts tremblants. Il ferme les yeux. Elle soupire.

Le Paradou cesse de bruire, et les deux enfants s'endorment. Nature, protège ce précieux sommeil, cet épilogue chimérique où se prolongent les voluptés de l'amour ; abrite ces amants encore un instant dans les ombres de ta chambre bucolique ; préserve les des ronces de la vie et des larmes qui leur sont destinées. Car demain, au réveil, Albine demandera à Serge s'il l'aime. « M'aimes-tu ? » soufflera-t-elle, cachée dans un buisson. Mais il ne répondra pas. Et disparaîtra dans le trou d'un mur de pierre. Sourd aux cris de sa blanche Albine, il marchera vers sa froide Église, laissant derrière lui le souvenir de ce bonheur honteux, ce plaisir effroyable, cet orgasmique péché.
LES AMANTS DU PARADOU

# Posté le dimanche 22 mars 2009 15:33

The Russians

We share the same biology
Regardless of ideology
What might save us, me, and you
Is that the Russians love their children too
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# Posté le mercredi 17 décembre 2008 06:09

L'enchantement.

L'enchantement.
J'aime ces matins. Ces matins où mes yeux, à peine sortis d'un rêve fantasmagorique, se lèvent sur la face sombre et chaudâtre de ma chambre. Doucement, mes pieds caressent le dessous de ma couette, de leur mouvement engourdi. Mes yeux se referment, se lovent à nouveau dans le creux de l'os, sous le linceul de mes paupières. Je les frotte, ces deux petits oeufs miraculeux, avec le dos de ma main. Et voilà, je me lève. Alors, je me dirige vers le vélux. Je claudique comme un clown saoul, quand enfin mes mains parviennent à ouvrir le volet coulissant de la fenêtre. Et là, c'est l'enchantement : je ne vois rien, ormis cette masse blanche et transparente, cet amas de neige irradié de lumière.
Je cours, je cours ! Vite, il faut trouver une fenêtre ; voir loin, voir ce que la neige a fait du reste du monde ! Et c'est là que je ressens l'enchantement. Les nuages se sont unis, ils ne forment qu'une grande toile gris-clair d'où tombe une multitude de fées cotoneuses. Comme c'est beau ! Tomber avec autant de légèreté, avec autant de grâce... c'est un don de la nature, pour sûr. Regardez-les bien danser avec le vent... en vous, bien au fond de vous, ce coeur qui battait la mesure comme une horloge qu'on aurait laissée dans un grenier, et qui ne battait plus pour personne, semble être aussi léger que ces fées qui, de leur danse verticale, enchantent le visage de la nature. Ce tic tac n'existe plus. On ne sens plus son coeur, sinon une chaleur sucrée, enrobante, enchanteresse.
Dans les airs, les fées voletent, valsent en silence ; et la moindre brise, si légère soit-elle, les dévient de leur droite trajectoire. Seules ces merveilles cotoneuses ont le pouvoir de faire la nique à cette putain de gravité, qui nous courbe, que l'on soit homme, chien ou roseau. Au sol, pourtant, elles finissent par arriver. Mais là aussi, elles sont belles. Elles forment des routes blanches sur le dos des haies qui grelottent. Elles peignent les branches des arbres, noirs et squeletiques. Elles emplissent ce tableau vivant, que je contemple, d'une lumière étrange et pénétrante... Et la combe qui s'épanche devant moi devient une baignoire de sentimentales pensées.

Si Sartre écrit un roman pour décrire la nausée qu'engendre le sentiment de la contingence, je décris ici l'enchantement. Car j'ai la naïveté de croire que la vie n'est pas seulement faite de cernes, de pleurs, de bile... Ce sentiment est quelque peu édulcorant, me direz-vous ? Eh bien soit. Mais la vie, quand elle peut l'être, n'a rien à perdre en étant enchantée...


texte : moi
image : Charlène.

# Posté le mercredi 17 décembre 2008 04:16

Modifié le mercredi 17 décembre 2008 04:26

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# Posté le vendredi 05 décembre 2008 16:26